Et si on parlait publicité ? ( par Marie Diouf )

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Le marché publicitaire sénégalais est en plein boum. Un simple coup d’œil dans les grands axes de la capitale avec ses floppées de panneaux publicitaires nous en donnent un vaste aperçu. A la télé comme dans les radios, les spots publicitaires de par leur nombre tirent en longueur et empiètent souvent sur les émissions. Cependant, leurs qualités dans le fond comme dans la forme laisse souvent à désirer.

La publicité fait partie intégrante de notre quotidien. Tout est fait pour appâter le client avec pour objectif de lui vendre une foule de produit. Dans notre monde moderne, la publicité est devenue un fructueux marché où se rencontrent offreurs et demandeurs.
Cependant, malgré leur nombre et leur importance sur le plan marketing, force est de reconnaitre que bien souvent, ces spots publicitaires sont parfois de très mauvaises qualités dans le fond comme dans la forme. L’originalité et surtout la mise en valeur des produits laissent à désirer. Les éléments d’une communication réussie tels que l’identité visuelle claire, bande son qui accroche, message mémorisable, émotion, sont souvent les mêmes ou absents. Ce sont les mêmes mots, les mêmes mimiques, les mêmes gestuelles et les mêmes acteurs qui reviennent surtout dans les spots publicitaires alimentaires.
Le cliché traditionnel papa, maman, enfants ou invités regroupés autour d’une table pour le petit déjeuner ou sur une natte autour d’un bol de riz ont été mille et une fois revisités. On nous rabâche à longueur de pub avec des « Tassous » à l’appui. Les mêmes clichés habituels, des scènes de vie de famille traditionnelles qui ne sont plus d’actualité, un registre sans aucune innovation qui ne requiert parfois aucun talent particulier pour les acteurs. Ne serait-il pas temps que cela change ?
L’heure est venue de dire à ces professionnels que les consommateurs réclament plus de qualité et d’originalité. La pub est un art, il a pour mission de faire rêver le plus grand nombre et de rendre le produit plus attractif. Elle devrait être par essence « le rendez-vous du donner et du recevoir » car elle englobe un marché qui a pour rôle d’appâter et d’attirer les millions de sénégalais « consommateurs » qui ont leur agent à dépenser. Penser que ces derniers n’ont pas besoin d’innovation et de surprise est un leurre. Ce ne sont pas les professionnels de la publicité qui nous diront le contraire ! il est malheureux de constater que pendant les horaires destinés à la pub, a la télé comme à la radio, les téléspectateurs et auditeurs zappent pour s’occuper d’autres choses en attendant avec impatience que les annonces publicitaires laissent le champ libre à leurs émissions préférées. Dans la rue idem, beaucoup d’affiches publicitaires « n’accrochent » pas le regard, et ce, malgré les millions de francs dépensés à cet effet. Alors que tout devrait être fait pour inciter les consommateurs à l’achat dès le premier regard. N’est-ce pas cela l’essence même de la pub ?
Même si les grandes enseignes internationales présentes dans le pays font des efforts pour sortir de l’ordinaire leurs conceptions publicitaires laissent souvent un gout d’inachevé aux téléspectateurs. Pourtant dans leur pays d’origines ils se démènent pour offrir le meilleur à leurs clients. D’aucuns diront que les réalités socio-économiques ne sont pas les mêmes, cependant le besoin de qualité est la même partout ailleurs, l’argent est le point focal entre l’offreur et le demandeur, et le marché africain et plus particulièrement sénégalais regorge de clients potentiels, d’autant plus qu’avec la « demande » en pleine expansion, il serait plus avantageux de tendre vers la modernisation des productions publicitaires.
D’aucuns diront que les moyens financiers et logistiques ne sont pas au rendez-vous. Mais là n’est pas le problème ! il faut dire qu’il y’a une carence criarde au niveau de la formation dans le domaine publicitaire. La plupart des acteurs du milieu s’improvisent Publi-marketeur et n’ont hélas pas le savoir pratique nécessaire pour réaliser une pub digne de ce nom, d’où la prolifération des mauvais spots publicitaires même si, reconnaissons-le, une infime parti d’entre-eux essai de faire preuve d’imagination surtout avec l’aide des nouvelles technologies de communication. Aujourd’hui, loin de tirer sur toutes les conceptions publicitaires sénégalaises (certaines d’entre eux sortent de l’ordinaires), il y’a cependant matière à réfléchir à comment faire pour offrir le meilleur au sénégalais en quête de nouveauté, d’authenticité et d’originalité pour le bonheur de tous ?
Il serait intéressant et au bénéfice de l’offreur que les techniciens de la pub fassent table rase avec les clichés publicitaires classiques pour faire preuve d’originalité. D’où la nécessité pour ces acteurs d’avoir la maîtrise des fondamentaux de la conception publicitaire en vue de stimuler la créativité et la qualité des messages, d’améliorer l’efficacité des campagnes, de prendre en compte les besoins des clients de s’en imprégner pour avoir enfin des créations de qualité qui attireraient le plus grand nombre, donc plus de répercussion financière. Et pour finir, un soupçon de magie serait la bienvenue et qu’on ne nous parle pas de moyen, il y’a assez d’exotisme au Sénégal pour faire rêver.

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