Le grand journaliste Adama fait ses adieux à FACEBOOK

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Facebook:…Suite, et fin !

Ceci est un message définitif. Qui traduit ma conviction de ne jamais quitter une table sans que l’assiette et la table ne soient en ordre, en somme par un départ ordonné. J’ai donc décidé de quitter Facebook, telle que cette plate-forme s’exerce au Sénégal. Si je le fais, c’est que des raisons puissantes en fondent la base. Cela fera la joie sans doute de certaines de mes cibles préférées, notamment Macky Sall et son régime, mais d’abord certains ripoux comme Ibrahima Ndiaye, Ageroute, Mamour Diallo, des Domaines, ou d’autres du même acabit. Ma contribution sur les enjeux nationaux, mes analyses et prédictions, la dernière en date étant le choix de l’Egypte pour accueillir la Coupe d’Afrique des nations de football, ou mes réponses à tel pingouin défroqué, pygmée raté, thioukh au Palais de Macky Sall, pourraient donc aussi manquer au débat. La visibilité de ma présence physique et celle de mes médiations pour contribuer au rapprochement des forces nationales engagées dans le sauvetage d’une nation en péril, seront aussi hors du champ politique.

J’en sors. Du moins, de cet espace rythmé par cette techtonique des plaques numériques.

Pourquoi? Pourquoi maintenant? Pourquoi aussi décisivement?

Un petit rappel historique s’impose pour mieux me faire comprendre.
Comme tous, j’ai été surpris par la vague, puissante, de ces réseaux sociaux et me suis retrouvé porté, sans m’en rendre compte, par leur force. Je n’imaginais pas passer autant de temps dans les espaces qu’ils ont ouverts quand, revenu au Senegal, en 2012, je me suis résolu à participer au débat public, politique, plus que je ne l’avais fait jusqu’alors, plus que depuis le milieu des années 1970 où, avec d’autres amis, j’avais pris conscience du devoir de s’engager.

C’est en accompagnant une épouse sénégalaise que le destin avait placée sur ma route, et dont la maladie m’avait amené à m’occuper, autrement, que la magie des réseaux sociaux s’est imposée à moi. Jusqu’à ce que la volonté divine s’exprimant, je me sois retrouvé au milieu d’un trou de solitude que je ne parvins à vaincre que par toutes sortes d’expédients, désormais dépassés, mais d’abord par ces virtuels liens sociaux qui me firent découvrir en eux une communauté, une famille, virtuelle. En oubliant au passage l’ingratitude que j’avais relevée autour de ma personne tout au long de la maladie d’une épouse dont je m’étais occupé seul !

J’avoue que cela a produit des moments tonifiants. D’autres virulents, voire excessifs. Parfois, des dérapages. Mais le tout a été porté par le socle véridique des postures prises.

D’une large manière, je n’en regrette rien. Bien au contraire: citoyen national du Senegal, ces échanges m’ont permis de mettre le doigt sur des enjeux majeurs, la prévarication de nos ressources naturelles et financières, la captation de notre patrimoine démocratique, la faillite et la venalisation de nos liens sociaux, familiaux, la cupidité, la discrimination des bi-nationaux, la criminalisation de notre magistrature, n’en déplaise à ce petit magistrat qui est venu déverser ses bêtises ici (serait-il le même qui avait été enrôlé pour être un témoin masqué à mon mariage?), l’hypocrisie religieuse, sous divers angles, dominée par le goût du gain, la peur devant un pouvoir temporel souillé et s’exprimant jusque dans le refus de respecter les prescriptions divines après la mort des nôtres, et j’en passe. J’ai combattu à visage découvert sans peur ni reproche. Y compris en m’en prenant sans gants au numéro 1 du pays et à celles et ceux se croyant sortis de la cuisse de Jupiter. Je n’ai donc plus rien à prouver. Ni de mon vécu, que seuls les aveugles volontaires refusent de ne pas voir pour ce qu’il a été, et est encore….

Souventes fois, certains parmi vous m’avez demandé de rester impliqué dans le débat. Je vous ai donné droit. Sans que cela traduise quelque comportement de diva. Je l’ai fait au nom de ce qui nous unit: cette nation sénégalaise, notre liant suprême.

Cela ne m’a cependant jamais empêché de noter, de constater les dérives du débat sur cette plate-forme, la fausseté des relations rappelant celle prévalente dans la vie en réel, la lâcheté des gens, jamais aptes à prendre une position nette ou de principes quand un débat sérieux, grave ou sale secoue la facebookphere.

Il y a deux jours, l’un de vous a cru devoir m’insulter. Sans raison. Au lieu de s’excuser d’avoir à tort, il y a un mois, dit des choses injustes sur mon compte, il s’est cru en droit de récidiver. Soyons clair: je ne vais pas me disperser. Pas question de mener un combat majeur au nom de l’intérêt supérieur et sentir que dans mon dos, sans raison, quelques francs-tireurs peuvent de temps à autre s’exercer contre ma personne en des instants où mon esprit est centré ailleurs, sur des enjeux non seulement graves mais potentiellement dangereux. Il n’est pas question non plus que je perde mon temps dans des querelles judiciaires légitimées pourtant par la gravité des diffamations faciles à prouver. Je ne veux pas aussi ouvrir mon espace à quelque médiation.

Certes, je salue les efforts fournis ces jours-ci par au moins deux d’entre-vous qui m’avez contacté, l’un pour me demander de passer l’éponge, l’autre pour transcender en restant sur le chemin de la vérité.

Ce que je constate le plus, c’est le silence d’une majorité qui souhaite voir des gens comme moi mener le combat sans jamais lever le plus petit doigt pour rappeler ce qu’ils savent être la vérité.

Au total, ces dernières années, je crois avoir donné ma part de vérité. J’ai fait les sacrifices. J’ai tenté de soulever les maux qui pèsent sur notre société et nos familles.

Il est temps d’arrêter.
De me consacrer à mes enfants, à ma vie, à mon business. À mes idéaux.

Souventes fois, j’ai prédit des choses qui ont été confirmées. Je me suis parfois trompé, par engouement et passion non réfrénés, mais chaque fois je me suis excusé.

Il n’est pas question que des gamins ou des individus dont les parents n’ont pas le millième de mon vécu ni de mon service à ce continent, et au Sénégal, puissent trouver ici de prétexte pour débattre, sur des bases toxiques, à partir de menées diffamatoires, avec ma personne. C’est surtout la malhonnêteté ambiante qui me pousse, sans états d’âmes, à ne plus me sentir lié à cet exécrable marché de dupes: Adieu Facebook. Même si je regrette déjà les intenses moments que j’y ai vécus. Que personne n’insiste, je ne reviendrai pas. D’ici ce soir, je débrancherai ma page et je ne serai plus de la communauté Facebook. De-fi-ni-ti-ve-ment ! Je ne suis pas du genre à se faire manquer de respect ni à fréquenter un univers incapable de prendre position pour la vérité…

  • Que Dieu garde le Sénégal…

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