Sommes nous,enfin,disposés à arrêter la comédie burlesque et à assumer notre servitude volontaire( par Aguibou Diallo)

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  1. Fête de la subordination néocoloniale: mon cadeau de délires.

Les sociétés nucléarisées d’Afrique ou de la césure entre logomachie d’unité fantasmée et praxis balkanisante.

“Ce qu’on a coutume de désigner par deux concepts différents “l’individu” et “la société” ne constitue pas, comme l’emploi actuel de ces termes nous le fait souvent croire deux objets qui existent séparément, ce sont en fait des niveaux inséparables de l’univers humain” Norbert Elias

Sommes-nous, enfin, disposés à arrêter la comédie burlesque et à assumer notre servitude volontaire?

Nous aimons nous gargariser de nos héros, des exploits d’untel ou du prodige que fit untel, avec un hyperbole qui confine le gargantuesque, quand il s’agit de conter le passé mythifié et/ou mystifiant.

Nous aimons par dessus tout nous planquer dans le refuge du regret de ce qui aurait pu ou du advenir si…. et si cheikh anta et si Lumbumba et si encore Thomas Sankara, ainsi de suite, en posant bien la voilure sur notre lâcheté morbide à ne pas oser incarner la même posture de dignité qui fût la leur. Tout Simplement. Sans bravade, ni déviance. Mais obstinément jaloux de notre liberté.

Tandis que nous célébrons nos héros et nos idoles surfaites, brisées par l’opiniâtre projet de domination, sous le joug duquel nous succombons encore aujourd’hui, nos conditions d’existence s’érodent comme le littoral face à l’avancée de la mer.

En voyant la palanquée de sous-fifres coloniaux à la prestation de serment du goujat qui nous sert de Président, on ne peut s’empêcher d’avoir des envies de kamikaze.

Voir les drapeaux de ces micro Etats aux côtés de celui de l’union africaine, une parodie des schêmes européistes, dont la pratique a été consacrée par les traités communautaires, que nos sous-fifres singent machinalement pour se donner les apparences de la modernité, nous en dit long sur l’écart entre la volonté d’émancipation et nos moyens propres d’y parvenir.

L’esprit colonialiste est le marqueur déterminant qui structure le regard de l’occident, qui n’est pas une entité géographique monolithique, mais une aire spacio-culturelle sémite, vis-à-vis de l’Afrique noire.

Paradoxalement, l’occident putatif détenteur de l’empyrée que le reste du monde contemple, tels des fidèles endiablés, expie ses démons dans le déversoir africain, pour consolider son projet d’unification.

Que traités ratifiés, depuis celui de Rome sur le commerce dans les années 50, jusqu’à la plus récente au Maroc sur la COP 22, relative à l’environnement, les afriques, puisque la nucléarisation y est réalité concrète, n’en sont pas associées, ni consultées mais obligations leur est faite de s’y soumettre.

Et nos sous-fifres sont tellement diligents à l’égard de leur maître, qu’il semblerait avoir perdu leur petit bout de cervelle qui leur reste d’humains.

Ils se préfèrent singes devant l’occident et surhomme au dessus des leurs. Pardi! Tout leur imaginaire est maculé de fantasmes caucaso-sémitiques. Ils se rêvent Staline et Hitler tropicaux, quand en réalité, ils se savent marionnettes conscientes d’une comédie qui opère grâce aux fils suspendus à leurs têtes.

La preuve, en dépit des massacres peules au Mali, non content d’adresser un message compatissant, ils ont tout bonnement dedaigné d’observer ne serait ce que la minute de silence.

Ç’eût été une offense envers les instigateurs occidentaux ( AREVA, TOTAL, BP, QUATARGAS) qui ont fait de la communauté internationale un conglomérat de mercenaires à qui ils sous-traitent les conflits larvés que provoque leur veille concurrentielle et stratégique , et dont les sous-fifres craignent le courroux.

Alors que peuvent bien valoir ses crimes de masses devant leur reconnaissance factice aux yeux de leur maître bienfaisant de l’occident? Le misérabilisme, ça nous colle à la peau à se confondre à la mélanine.

Il vaut plutôt mieux , pour eux, de se détourner de la tête et laisser passer.
Un massacre en cache toujours un autre, dans ce continent, berceau de l’humanité, et avenir du monde, qui peine à prendre pied dans le présent.

Dès lors, à quoi bon s’engager et lutter pour des peuples prompts à céder aux sirènes du consumérisme mortifère du mondialisme suprémaciste occidentaliste?

N’y’a-t-il un quelconque espoir à nourrir dans l’avenir de ce continent, traversé de part en part, par des rivalités intestines qui tiennent d’enjeux superfétatoires, quand, dans le même temps, la vraie lutte pour notre autodetermination s’apparente désuète, au regard de la maladie du progrès que l’occident décadent et dégradé nous inocule à dose homéopathique?

La fanalité étant d’édifier un avenir radieux du continent sans les africains. L’occident parraine les tortionnaires et dictateurs qui s’emploieront à la tâche, de réduire, voire mettre fin au croît démographique, à organiser subrepticement la dépossession foncière des africains de leurs terres, par des dispositifs législatifs et jurisprudentiels (y compris par la guerre) favorables à cette expropriation.

Et visiblement ces masses groggy et fatalistes, subjuguées qu’elles sont par les jouissances protéiformes qu’offrent le Marché et ses industries, prennent l’ombre de la vie pour sa proie. Assommées, elles le sont, apeurés à l’idée de vivre sans jouir, au sens luxuriant du terme, happées qu’elles sont par le marketing viral du Marché, elles préfèrent mener les combats du sacre individualiste.

Une posture donnant du relief à la théorie de Maslow selon qui “les motivations d’une personne résultent de l’insatisfaction de certains de ses besoins”. Mais le problème c’est que nous ne savons plus ce que besoin veut dire, mêmes les caprices conscients ou inconscients s’y assimilent.

Ces chefs d’État nègres, dignes héritiers des négriers, qui vendaient leurs frères et soeurs pour de la pacotille, reproduisent le même schéma du complexe d’infériorité et de la sublimation de nos bourreaux.

Mais enfin, disons que nos sociétés sont le ferment de notre nucléarisation programmée, puisque tout le monde se bouscule aux portillons de la reconnaissance des puissances, au mépris de notre estime propre.

Bon j’ai assez deliré, bonne fête de subordination nationale au diktat néocolonial.

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